De quel numérique la crise est-elle le nom ?

Point d’étape de l’expédition Numérique tous risques

Appréhender complètement les effets transformateurs du numérique nécessite une lecture par l’usage. Certaines technologies médiatisées depuis longtemps sont dans les faits lentement appropriées. Le cas du télétravail est emblématique ; la nécessité de nouvelles organisations du travail croisée avec l’urgence du confinement a fait tomber les dernières préventions des managers et de leurs collaborateurs.

Cette collusion entre perspective et impératif illustre bien en quoi le numérique peut être allié de la crise, mais cela questionne aussi sa résilience lorsqu’un système d’information est dépendant des technologies numériques ; les incendies australiens ont pointé cette fragilité des réseaux numériques.

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La crise actuelle nous encourage à réinventer le numérique

Face à une crise sanitaire majeure, comme l’est cette pandémie ou comme le serait toute catastrophe porteuse de risques respiratoires ou de contagion, le numérique joue un rôle singulier. Nous maintenir en lien, renforcer les coopérations, partager les informations et les idées, contribuer à des solutions concrètes ou de long terme. Mais le numérique n’est pas un grand ensemble cohérent : c’est un ensemble de dispositifs porteurs de choix techniques, économiques et politiques.
A la Fing nous sommes, comme beaucoup, fragilisés par cette situation imprévue. Mais nous sommes confortés dans la mission qui est la nôtre et que nous avons construite avec vous : questionner le numérique d’aujourd’hui dans la perspective du monde de demain. Contribuer à ce que les choix que nous faisons en matière numérique répondent aux aspirations de la société.

La nouvelle expédition Numérique tous risques, imaginée en 2019 et que nous engageons ce printemps, questionne précisément les relations aux risques, crises et catastrophes, en prospective mais avec des terrains bien réels, avec pour ambition de forger des pistes pour l’avenir. InternetActu, temporairement fermé, rouvre ses colonnes pour éclairer les débats actuels et y contribuer par sa veille et ses analyses.Les trois programmes que nous portons en ce moment sont réactualisés. Parce que les données personnelles sont un enjeu fort de la crise, le self data, à échelle territoriale comme à celle, mondiale, de mydata.org, est un champ de travail majeur pour les acteurs de la ville, de la santé, de l’éducation.Parce que la maximisation des profits dans un monde à ressources limitées est pour l’innovation une approche obsolète et dangereuse, l’innovation à impact est plus que jamais un champ à travailler et renforcer (Innovation Facteur 4), et la transition écologique un horizon qui doit modifier le numérique et en faire usage. Parce que les inégalités sociales sont aggravées par la crise et posent des questions d’équité scolaire, de disparités territoriales ou d’isolement, et parce que la dématérialisation est porteuse de potentiels et de difficultés, le travail sur un numérique capacitant (Capacity Lab) est une nécessité impérieuse.

Il ne s’agit pas seulement de produire ensemble des pistes et des idées : il s’agit, comme nous y engage Philippe Lemoine, d’ »engager un combat de grande ampleur sur l’enjeu du numérique » et d’envisager « d’autres manières de transformer le monde en utilisant les outils d’aujourd’hui ». #RESET 2022 est porteur d’un objectif transformateur à court-moyen terme et d’un cadre d’action collectif pour y parvenir. Des entreprises nous disent que leur approche du numérique est en train de changer. La société civile nous montre qu’elle entend jouer un rôle plus important que jamais. Les acteurs publics nous partagent leurs questionnements sur leurs modes d’action. La recherche nous montre un foisonnement de terrains et de problématiques actuelles.De nouveaux projets de coalitions émergent, rendus évidents par la crise, d’autres mûrissent ou évoluent, le rendez-vous de l’Assemblée RESET le 16 juin permettra de rassembler nos forces au service d’intentions communes.

La Fing c’est vous, depuis 20 ans : c’est le travail d’une petite équipe avec une communauté large et diverse. Nous avons aujourd’hui besoin d’adhérents, de partenaires financiers, de mécènes, de coproducteurs – et d’autant plus que certains de nous fidèles soutiens sont en difficulté : la Fing elle-même et ses projets sont en pleine levée de fonds.Nous avons besoin de contributeurs et complices. Nous savons qu’aujourd’hui vous êtes pour certains en cellule de crise continue, réduits à l’inaction pour d’autres, et pour la majorité en situations de télétravail compliquées. Mais vous êtes nombreux à nous manifester votre impatience de participer à nos travaux, et en période confinée nous avons ouvert la boite noire de la Fing, avec le rendez-vous hebdomadaire des FingTalks.
Nous avons aussi besoin que nos travaux soient largement partagés, qu’ils soient enrichis, que chacun en fasse bon usage, localement et internationalement. Notre Assemblée générale, le 24 juin, sera l’occasion pour la Fing de se projeter dans l’avenir à la lumière du présent.