Comptes-rendus ateliers Self Data Territorial

La Rochelle
Compte rendu session de revalidation Self Data Territorial – 02 juin 2020

Ville pionnière sur la question de la mobilité, La Rochelle a rejoint le projet Self Data territorial dès 2018 pour creuser la piste d’un “calculateur”, qui intégrerait l’empreinte carbone des habitants tout en leur donnant le contrôle sur leurs données personnelles, notamment à travers l’application “Mon Coach Co2”.
Mais c’était sans compter sur la crise du COVID-19 qui allait ébranler le monde entier et toucher à tous les aspects de la vie. Le confinement quasi mondial qui s’en est suivi a profondément impacté et transformé nos mobilités, nous forçant à envisager de nouvelles pratiques. Quelles sont ces transformations ? Quels défis génèrent-elles pour l’agglomération de La Rochelle ? Dans quelle mesure une approche Self Data aurait du sens pour répondre à l’un ou plusieurs de ces défis ? C’est ce à quoi nous allons tenter de répondre à travers la piste “Mes Mobilités en Débat” à commencer par la première session de revalidation du 2 juin 2020. 

Informations et déroulement de la session :

  • Session en ligne : Zoom 
  • Autres outils utilisés : menti.com et framemo.org
  • Durée : 2h00
  • Nombre de participants : 33 participants (certains ont dû partir avant la fin de l’atelier)
  • Première partie (introduction – 20 min en plénière) :
    • Accueil des participants et remerciement pour leur présence,
    • Partage de quelques consignes quant à l’usage des outils et aux modalités d’interaction,
    • Tour d’écran pour faire connaissance,
    • Icebreaker (à l’aide de menti.com). 
  • Deuxième partie (présentation – 20 min en plénière) : 
    • Raconter le Self Data (MesInfos) 
    • Raconter le self Data Territorial (le kit)
    • Rappeler ce qui a été fait avec l’agglomération par le passé,
    • Temps d’échange : avez-vous des questions ? 
  • Troisième partie (idéation – 60 min en sous-groupes) :
    • Quels sont les changements/transformations apportés par le confinement en matière de mobilité ? à l’aide de framemo.org
    • Qu’est-ce que ces changements apportent comme défis au territoire ? 
    • Partage des résultats avec tous les participants,
    • Conclusion et remerciement. 

Partie 1 : Introduire les participants au Self Data à l’aide d’un icebreaker autour des données personnelles et leurs évocations. 
Les résultats font ressortir un lien important entre données personnelles et vie privée (vie privée, privées, privée, privé, privacy) mais aussi des notions se rapprochant de celle-ci comme l’intimité et la confidentialité. des évocations qui peuvent indiquer que les données personnelles sont à la fois révélatrices de notre vie privée/intimité, mais aussi que les données personnelles doivent rester dans le domaine du confidentiel, voire du secret.

Partie 2 : informer et sensibiliser les participants au Self Data/Territorial. Les aider à appréhender les contours et les enjeux de ce concept :

  • Qu’est ce que le Self Data ?
  • Quels sont les bénéfices du Self Data ?
  • Expérimentation et Pilote MesInfos 
  • Les villes et territoires comme acteurs du Self Data

⇒ (la présentation complète envoyée avec ce compte rendu)

Partie 3 : identifier les transformations en matière de mobilité engendrées par le confinement et comment celles-ci se traduisent en “défis” pour le territoire. 


Retrouvez l’intégralité de la fresque ici 

Thèmes principaux abordés par les sous-groupes :

  • Télétravail (changement majeur)
  • Moyens de transports (adaptation des moyens) 
  • Modalités de déplacement (circuler autrement)
  • Nouvelles pratiques (consommer autrement) 
  • Impact environnemental (pollution et espaces verts) 
  • Implantation territoriale (occuper le territoire différemment) 
  • Nouveaux rapports (relation aux autres et aux transports)

Éléments partagés à l’oral lors de la restitution : 

  • Le télétravail s’est imposé de manière assez forte, cela engendre une certaine immobilité et impose de nouveaux rapports avec le temps (les horaires) et avec les mobilités actives/douces (plus de vélo et de marche à pieds) ⇒ Questionnement sur la pérennité de cette pratique.  
  • Des trajets que d’autres font pour nous, notamment les livraisons ce qui soulève des questions autour du derniers kilomètre (livraison jusqu’au domicile) ⇒ Notion de “nos mobilités personnelles”. 
  • La méfiance à l’égard des transports en commun implique un nouveau rapport à la proximité et aux autres. 
  • La baisse de la fréquentation des transports en commun et les mesures de distanciation nous poussent à faire émerger de nouvelles solutions de déplacement, mais attention au contre-coup (financement,  fracture entre villes et campagnes, retour de l’autosolisme). 
  • Impact environnemental et technologique des mobilités douces (ex; les composants des batteries) ⇒ Petites économies locales et grands impacts globaux. 
  • Le confinement nous pousse à prendre du recul et à réfléchir au sens de nos mobilités : entre mobilité choisies, immobilités imposées et mobilités réfléchies. 

L’atelier s’est achevé avec la restitution des discussions en sous-groupe, lors de la prochaine session l’objectif sera d’identifier comment le Self Data pourrait aider à répondre à ces transformations. 

Métropole Grand Paris
Session sensibilisation et atelier SWOT

L’atelier Self Data Territorial – analyse SWOT s’est fait dans le cadre d’une journée du programme de la Métropole de Paris “Explorateurs du Numérique”. 

Ces journées regroupent une trentaine d’agents de la métropole afin de les former à des questions “numériques”. Pour l’édition du 25 février 2020, la thématique était : la maîtrise et la protection des données par les collectivités et les citoyens. La journée a débuté avec une série d’interventions évoquant les données personnelles, le RGPD, différents projets et initiatives autour de cette thématique, s’en est suivie une présentation de MesInfos avec un focus sur Self Data territorial. 

Pour les agents présents à cette rencontre, le Self Data évoquait surtout l’opportunité d’inclure les citoyens dans le débats autour de leurs données personnelles et de co-construire avec eux. 

La journée s’est ensuite poursuivie avec un atelier SWOT dont l’objectif était de faire un diagnostic des différentes communes de la métropole (du moins celles représentées par des agents ce jour là) en termes de forces-faiblesses/menaces-opportunités en lien avec les données personnelles et le Self Data. 

5 groupes ont été constitués. Il s’agit dans un premier temps de lister les SWOT pour de se regrouper et de réfléchir ensemble aux actions qui pourraient être entreprises pour une implémentation du Self Data. 

Groupe 1

Forces 
Les communes disposent de nombreuses de quantités importantes de données personnelles des citoyens. 
Les communes disposent des données personnelles variées. 
Il s’agit d’un point de collecte de données personnelles centralisés (bcp de données, de natures variées au même endroit). 
Les données personnelles sont déjà utilisées pour simplifier les démarche administratives. 
Un portage politique de l’utilisation des données personnelles. 

Faiblesses 
Manque/absence de données structurées.
Manque de fiabilité des données.
Fragmentation des données (services, directions..).
Représente une charge supplémentaire pour les services qui collectent les données de les structurer. 
Une infrastructure pour stocker les données.  

Opportunités 
Les données personnelles peuvent servir à adapter les politiques publiques (prospective). 
Offrir des services supplémentaires aux citoyens. 
Possibilité d’évaluer les politiques publiques. 
Un context propice : la dématérialisation, adaptation des pratiques professionnelles  aux évolutions de la société. 
Applications diverses : prospective/politique publique. 
Remettre de l’éthique dans l’utilisation des données personnelles. 
Procéder à une mise à jour des données.
Simplification des démarches administratives. 
Développement du territoire. 
Apporter de la pédagogie sur la connaissance et l’utilisation des données des usagers. 

Menaces
Aspiration des données par les GAFAM.
Les citoyens verront à quel point les services des communes sont inefficaces.
Réticence des usagers. 
Risque de malveillance : attaque d’une banque de données personnelles. 
Fiabilité des données, problèmes dans les décisions prises. 

Groupe 2 

Forces
Démarche RGPD engagée, fiches structurantes. 
Transparence dans la relation usagers-administration. 
production d’une multitude de données. 
Informatisation de la plupart des services. 
Forte demande des usagers + volonté des DG et responsables.
Page blanche, tout reste à imaginer. 
Programme d’amélioration de l’accueil des usagers (portail en ligne). 
Permet un meilleur pilotage de l’action publique. 

Faiblesses 
Manque de formation des agents (compréhension des enjeux)/méconnaissance des agents sur les enjeux de la collecte et de la production des données.
Quid du tiers de confiance. 
Défiance quand on aborde la question des données. 
pas d’outils numérique permettant de collecter les données sur la même plateforme (difficulté technique). 
Complexité de rendre interopérable les données entre différents logiciels métiers
Peu de données usagers en interne à la MGP.
Multitude des fichiers excel.
Poids des pratiques (héritage des bases Access). 
Données éparses non structurées. 
Pas de cohérence ni d’homogénéité dans la collecte et la production de données.  

Opportunités 
Programme du maire sortant (portage politique). 
Maison des projets à venir. 
Cadre réglementaire RGPD, initiant une réflexion et action à construire. 
Profiter des renouvellement des DSP (pour des systèmes/logiciel SD compatibles). 
Réflexion en cours à la MGP sur la construction d’une stratégie data. 
lien avec les prestataires des logiciels métiers. 
Embarquer des partenaires privés dans le démarche.
Besoin de mutualiser les initiatives (multiples acteurs).

Menaces 
Modèles économiques (difficile à établir), priorité données à d’autres projets. 
Nouveaux services de compilation des données (hors collectivité) 
Big Brother Territorial (quelle réglementation et contrôle ? Par qui ?)  

Groupe 3 

Forces 
Des besoins identifiés (en terme de gestion des données) 
Beaucoup de données (compétences internes en contrôle de gestion), observatoire de la population, projet de modernisation (mise ne place du mode projet). 
beaucoup de données en internes. 
Une population participative. 
Mieux connaître l’usager. 
Mieux répondre aux attentes.


Faiblesses
Peu de ressources (humaines notamment) en interne. 
Pas de visibilité suffisante sur les types de données collectées.
Quid de la qualité de la saisie des données.
Moyens de pilotage et expertise internes.
Multiplicité des données. 
Manque de qualité. 
Pas d’entrepôt de données. 
Pas de transversalité entre les différentes entrées (de données). 

Opportunités 
Le citoyen aspire à être acteur. 
Ouverture des données publiques. 
Contexte du RGPD.
Quid de la coordination avec l’EPT (compétences transférées). 

Menaces
Impossibilité d’anonymiser les données personnelles.
Difficultés d’échanger les données entre collectivités. 
Interdiction légale de croiser les données. 

Groupe 4 

Forces
Nombreuses données (variété des données). 
Point de collecte centralisé.
Retours sur expérience (de projets existants).

Faiblesses
Manque de référentiel.
Données non qualitatives.
SI morcelés et cloisonnés. 

Opportunités
Tiers de confiance. 
Contexte RGPD favorable.  
Mutualisation des efforts au niveau du territoire.
Amélioration des services administratifs. 

Menaces 
Acteurs de la smart city qui ne protègent pas les données personnelles. 

Actions à mettre en place

Sensibilisation/formation auprès des usagers.
Dynamique portée par la direction auprès de tous les agents 
Capitaliser sur les capacités/compétences des agents en termes d’usage des logiciels et à avoir un regard critique sur les actions qu’ils mettent en place. 
Passer à des logiciels de type SAS/mettre les données dans un même endroit, y inclure une clause Self Data (et dans tous les logiciels de la collectivité). 
Médiation numérique à destination des citoyens pour les avoir dans une approche participative (acteur-coopérateur). 
Intégrer le questionnement RGPD/SD dès l’origine des projets ainsi que dans les CCTP et les renouvellement des DSP. 
Faire des économie d’échelle en se regroupant. 

Meeco publie son analyse de la nouvelle Stratégie Européenne de la Donnée

Le 19 février 2020, la commission européenne publiait sa nouvelle stratégie des données résolument tournée vers l’individu. Elle y citait le mouvement MyData comme un des modèles permettant de donner aux individus les moyens pour un meilleur contrôle et un meilleur exercice de leurs droits sur leurs données. 

Afin de permettre à tout un chacun de saisir la portée de cette nouvelle stratégie européenne des données, Meeco, un des acteurs majeurs de la communauté MyData, a publié une synthèse qui fait le point sur les enjeux, la vision et les problèmes mentionnés dans cette stratégie. 

En termes d’enjeux, Meeco pointe un des changements fondamentaux ayant eu lieu ces dernières années en matière de données; celui du glissement de la production de données des data centers vers les objets connectés et autres dispositifs plus proches de l’utilisateur (edge computing). Si ce changement implique que chacun de nous produira beaucoup plus de données que par le passé, la commission européenne y voit une opportunité de développer de nouveaux outils qui procurent aux individus un plus grand contrôle sur les données qu’ils produisent.

Concernant la vision de cette stratégie, Meeco nous indique que si la commission européenne considère les données comme une ressource créatrice de valeur et de croissance, elle estime aussi que leur exploitation ne peut se faire que de manière responsable, loin des abus et du capitalisme de surveillance dont nous avons été témoins ces deux dernières décennies. 

Quant aux problèmes, Meeco explique que plusieurs obstacles empêchent l’europe de profiter pleinement de son potentiel en matière d’économie de la donnée. Le principal obstacle est la disparité entre les états membres en termes de mise en place de cadres juridiques adéquats. La commission européenne y voit la nécessité d’une action coordonnée entre ses membres et énumère huit obstacles majeurs qui doivent être surmontés si l’Europe veut réaliser ses ambitions autour d’une économie de la donnée “human centric” : 

  • La disponibilité des données
  • Les déséquilibres du pouvoir sur le marché
  • L’interopérabilité et la qualité des données
  • La gouvernance des données
  • Les infrastructures et les technologies des données
  • La mise en capacité des individus dans l’exercice de leurs droits
  • La data literacy
  • La cybersécurité

Enfin, Meeco met en lumière, par le biais d’études de cas, des d’outils de gestion de données dont l’approche s’inscrit dans le cadre de cette nouvelle stratégie.  Ces études de cas sont analysées sous le prisme de cinq perspectives : business, droit, technologie, obstacles et catalyseurs. 

Pour découvrir plus en détails cette analyse riche en enseignements, n’hésitez pas à consulter le document d’origine dans son intégralité ici.  

MyData Global réoriente son action pour répondre à la crise du coronavirus

Depuis 2018 MyData Global fournit le cadre de réflexion et d’analyse nécessaire pour appréhender les enjeux liés à l’exploitation des données personnelles. Dans cette période marquée par la crise du coronavirus et face aux nombreuses tentations d’exploiter massivement les données personnelles des individus, ce cadre est plus que jamais indispensable. 

Le nombre de « solutions » pour mettre fin à la pandémie du COVID-19 est impressionnant. De l’approche techno-solutionniste à la surveillance des citoyens par les états, tout y est, faisant planer des menaces majeurs quant au respect de la vie privée et des libertés individuelles, et entraînant beaucoup de confusion quant à leur pertinence.

Pour pouvoir décrire, évaluer et informer sur cette multitude de « solutions », MyData Global réoriente son action et s’appuie sur la puissance de sa communauté internationale constituée d’entrepreneurs, chercheurs, activistes et experts pour ramener du sens et encourager le recours à des modèles de gouvernance fondés sur la transparence et le partage des pouvoirs entre les différentes parties prenantes. 

Pour ce faire, MyData a mis en place un processus qui lui permet de s’appuyer sur ses hubs locaux pour : 

  • Rassembler et répertorier les initiatives en cours afin de pouvoir les analyser, 
  • S’organiser autour de pistes urgentes pour pouvoir les développer et les amener à un stade de projets.

Les outils ont également été adaptés afin de répondre à cette nouvelle orientation : 

  • Une chaîne Slack dédiée à cette crise qui sert de source d’informations,
  • Des réunions hebdomadaires en ligne pour assurer le partage d’informations,
  • Un « digest » hebdomadaire pour que chacun puisse y voir plus clair. 

Cette réorientation de son activité constitue pour MyData un véritable défi et un paris risqué, mais plus que jamais la communauté se mobilise pour que l’exploitation des données personnelles se fasse dans le respect des droits. Le chantier est actuellement en cours et nous vous tiendrons au courant des ses avancées, d’ici là, n’hésitez pas à nous rejoindre et à apporter votre contribution ! 

MyData France powered by Fing, le hub local de MyData Global.
De nombreuses personnes de la communauté Mydata sont déjà actives dans différentes villes à travers le monde. Afin d’aller encore plus loin et de s’engager de manière plus structurée, ces personnes peuvent s’organiser en « hub » afin de mettre en place différentes actions et porter le concept MyData au niveau local.