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Digiwork

Les transformations du travail à l’ère du numérique

#emploi #numérique #transformation #travail

La crise actuelle du travail touche autant les individus que les entreprises, dont les attentes respectives sont en tension. Le numérique est l’une des causes de cette crise (permettant de nouvelles formes de taylorisme, de surveillance, de procédurisation, d’infobésité, de débordement du professionnel sur le personnel), mais il fait aussi partie des solutions (permettant une souplesse d’organisation, une mobilité, des réseaux élargis, de nouvelles dynamiques collectives).

L’expédition Digiwork a abordé les transformations du travail du point de vue des individus, dans leur relation aux collectifs de travail et aux organisations. Quatre hypothèses ont sous-tendu les recherches :

  • Des individus de plus en plus équipés, outillés et connectés : les individus sont de plus en plus formés, et de plus en plus outillés. Comment les individus peuvent-ils s’appuyer là-dessus pour construire et maintenir la cohérence de leur itinéraire professionnel ? Comment les organisations peuvent-elles en tirer parti plutôt qu’y résister ?
  • L’émergence spontanée de pratiques collaboratives et de collectifs : Dans l’organisation comme en dehors d’elle, les usages numériques renforcent les réseaux interpersonnels, les coopérations horizontales, les collaborations extérieures. Ils favorisent l’émergence de nouvelles formes de collectifs, formels ou informels. Comment reconnaître le potentiel de ces pratiques, comment en faire un atout au service des organisations ?
  • Des nouveaux espaces, des nouvelles temporalités : Télétravail, mobilité, tiers lieux, labs, mais aussi nouvelle porosité des frontières entre la sphère privée et la sphère professionnelle.
  • Des capacités d’appréciation et de mesure du travail qui se transforment par la traçabilité, la profusion de data, les pratiques d’évaluation par les pairs, modifiant le rapport à la valeur, et à sa redistribution.

 

Une thématique, de multiple projets

  • Digiwork (2013-2014) – l’individu au travail dans une société numérique : veille, bibliographie, cartographie du sujet, scénarios extrêmes, territoires d’innovation, séminaires d’appropriation, publication des pistes, conférence de clôture Lift-Marseille,
  • Nouvelles pratiques de travail, nouveaux usages de dialogue (2014) : Instaurer du dialogue autour de « pratiques de travail qui sortent du cadre »
  • La Musette numérique du travailleur : concept pour mieux construire sa trajectoire professionnelle et sa trajectoire personnelle
  • Le Transformateur numérique : Dispositif de formation-action, sous forme d’accélérateur de projets, pour les acteurs transformant le travail, la formation et l’emploi dans la société numérique.
  • Tremplin : Mieux identifier l’impact du numérique sur les marchés du travail au Sud afin de structurer des opérations innovantes dans le secteur de l’emploi.
  • Work+ : Mobiliser les imaginaires pour explorer autrement les futurs du travail.

Les 3 conclusions principales du projet Digiwork :

  • Passage de l’ère de l’emploi à l’ère de l’activité : même si l’emploi salarié reste la norme (près de 90% des actifs en 2014, 85,3% en 2016), les entreprises embauchent de moins en moins en contrat indéterminé, le travail indépendant se développe, les activités complémentaires ponctuelles permises par la multiplication des plateformes (Uber, Deliveroo, Amazon Mechanical Turk, AirBnB …) deviennent des moyens de boucler les fins de mois difficiles.
  • Individualisation du travail, engendrée notamment par l’essor de l’informatique personnelle et la parcellisation du travail en tâches : elle implique, pour certains, une aliénation par le numérique (tâche répétitive, unique, sans vision de l’ensemble du processus ; contrôle accrue ; disparition des temps de sociabilités), pour d’autres, elle mène à un processus d’individuation c’est-à-dire une plus grande autonomie, plus de responsabilisation, un enrichissement continu de ses savoirs et de ses compétences, et donc une meilleure estime de soi.
  • Apparition de nouveaux collectifs de travail qui vont bien au-delà des frontières de l’entreprise traditionnelle, mais qui produisent énormément de valeur (sans qu’elle ne soit prise en compte), pour le bien commun et la société, de façon agile, décentralisée, …
                                                       

L'équipe

Amandine Brugière
Amandine Brugière
Aurialie Jublin
Aurialie Jublin

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