Retour sur la journée "Faire émerger des Fab Labs en PACA"

Après une matinée de conférences, 80 personnes ont joué le jeu de la co-production pour prototyper sept projets de Fab Lab en région Provence Alpes Côte d’Azur.

Qu’y a t-il de neuf du côté de la fabrication numérique personnelle ? Quels sont les Fab Labs actifs en France, mais aussi, du côté d’Amsterdam, Barcelone, San Francisco ? Que fait-on concrètement dans ces "nouveaux lieux" ? Quels en sont les acteurs, les modèles, les opportunités ? Et si l’on voulait faire émerger des Fab Labs en région PACA, comment s’y prendrait-on ?

Voila quelques-unes des questions auxquelles les participants ont cherché à répondre le 18 novembre dernier dans les locaux de l’Ecole d’Art d’Aix-en-Provence
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Matinée : comprendre les enjeux des Fab Labs et de la démocratisation de la fabrication numérique

La fabrication numérique permet de réaliser une chaîne intégrée allant de la conception à la production. Cette chaîne passe par l’utilisation de logiciel de CAO (conception assistée par ordinateur), de FAO (fabrication assistée par ordinateur) et par l’interprétation de ces plans par des machines à commande numérique. Ce n’est pas un processus récent : la connexion d’un ordinateur à une machine afin de la piloter a été réalisé dans les années 50 au MIT. Les grandes industries utilisent ce processus sur des chaînes de montage dans les secteurs de l’automobile, de l’assemblage, etc. Les centres de mécatronique qui permettent d’aider les PME et entrepreneurs à réaliser du prototypage rapide existent dans de nombreux territoire.
Ce que change les Fab Labs dans le paysage de l’innovation, c’est la possibilité offerte au public de s’approprier la fabrication numérique "personnelle". Dans ces lieux, les utilisateurs peuvent assez rapidement passer d’une idée à sa conception via des logiciels de CAO, pour, enfin, en réaliser un premier prototype. Ils démocratisent la fabrication numérique “à tous” en mutualisant des machines, des compétences et des pratiques innovantes dans des lieux ouverts.

A la suite de l’introduction de Jean-Paul Ponthot (directeur de l’Ecole d’Art d’Aix) et Thierry Fellmann (Directeur général adjoint, pôle Innovation Emploi Formation à la Région PACA), Jean-Pierre Mandon, enseignant à l’Ecole d’Art d’Aix-en-Provence et développeur de la plate-forme de prototypage électronique Pinguino, est revenu sur les enjeux de la fabrication numérique et du prototypage en montrant comment les étudiants de l’école s’étaient approprié ces techniques. A la fin de présentation, il a évoqué le projet d’ouverture d’Optilab, le premier Fab Lab en Région PACA, qui devrait ouvrir ses portes courant 2012.

Véronique Routin et Fabien Eychenne de la Fing sont intervenus pour rendre compte d’un benchmark international réalisé dans plusieurs Fab Labs, aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis.

Mouvement relativement ancien aux Etats-Unis (premier Fab Lab ouvert en 2003), le nombre des Fab Labs double aujourd’hui tous les ans. Le modèle original du MIT a su évoluer et s’adapter en fonction des pays, des structures porteuses, des financements disponibles ainsi que des problématiques locales. Afin de rendre compte des différentes formes, des modèles de développement, des publics touchés par les Fab Labs, la Fing a réalisé une étude “benchmark” en se rendant dans ces lieux dédiés à la démocratisation de la fabrication numérique pour aller voir concrètement, au delà du "discours projet", le fonctionnement de ces espaces.
La présentation a permis de restituer les grandes lignes de ce rapport. Qu’est-ce qu’un Fab Lab ? Quels sont les enjeux ? Quelles sont les conditions d’accès, les services et prestations, les modèles économiques, les projets réalisés, etc. ?

Voir également la série d’articles consacrée aux “Makers”, issue des travaux de l’étude : Partie 1 "Faire société" et partie 2 "Refabriquer la société"

Nicolas Lassabe, créateur du premier Fab Lab Français “labellisé” MIT (Artliect), est revenu sur la genèse de l’émergence de ce lieu, les projets développés, le public accueilli, mais aussi, les difficultés à opérer un Fab Lab.


Dans son intervention, Tomas Diez, Fab Manager du Fab Lab de l’école d’architecture de Barcelone (IaaC), a présenté des projets réalisés au sein du Fab Lab. Très colorés par la structure porteuse, les projets touchent en majorité des problématiques urbaines. De la Fab Lab House - maison entièrement conceptualisée et produite au sein du Fab Lab et dotée de capteurs urbains pour créer de nouveaux services de monitoring par les habitants eux mêmes - jusqu’à la construction d’un Fab Lab “Vert” à 0 énergie, Tomas a montré toute la palette des activités du lieu.

Les projets régionaux présentés ou mentionnée

Après-midi : co-construire avec les futurs utilisateurs les Fab Labs de la Région PACA

En partenariat avec Nod-A qui a concocté la méthodologie de l’atelier de co-production, les participants ont designé les Fab Labs qui pourraient le mieux répondre aux problématiques du territoire. Durant un peu plus de deux heures, ce sont sept projets de Fab Labs qui ont été prototypés à l’aide de légo.

1/ Flexilab : le Fab Lab comme outil et lieu de la démocratie participative
Un Fab Lab mobile, lieu d’échange et de partage, avec différents niveaux d’implication (rencontrer, dépiauter et hacker l’existant, puis créer et prototyper sa ville, son quartier, …).

2/ SAAAA(A)S : le Fab Lab au service du patrimoine culturel et historique
Renverser les visions classiques du musée, incubateur, exposition, pour travailler ensemble, bousculer de l’intérieur les institutions culturelles.

3/ Fab Lab de La Fontaine : le Fab Lab comme outil et lieu de mixité sociale
Valoriser la créativité de toutes les personnes marginalisées socialement et économiquement. Comment le Fab Lab pourrait redonner confiance en développant le potentiel créatif et en s’affranchissant des méthodes d’enseignements classiques. ? C’est une matrice, qui doit permettre de faire voir le jour à d’autres initiatives, pour générer d’autres projets et de nouveaux lieux.

4/ FabLaBus : un Fab Lab axé pratiques et projets artistiques
Ce Fab Lab mobile accueille des artistes, des techniciens et du public qui y amène des objets fonctionnels ou obsolètes pour leur donner une nouvelle vie, y inventer de nouvelles fonctions, les réparer, etc.

5/ Le Fabuleu et les "Seniors"
Tourné autour des seniors, il permet de favoriser l’échange intergénérationel, créer des liens et la transmission des savoirs.

6/ Le LABO : Fab Lab & Micro-électronique
L’électronique est un outil à la croisée des chemins, ce Fab Lab va épauler de nombreux projets en y associant de l’électronique.

7/ LeMouv//// : Fab Lab & redynamisation de l’économie locale
Dans un contexte de crise, le Fab Lab permet d’investir de nouvelles formes de production et de consommation. Il dispose de plusieurs fonctions, il est ouvert vers de nouvelles formes d’utilité, de ressources réappropriées (agricole, couleur, éducation, etc.)

Retrouver l’ensemble du compte-rendu et les projets détaillés dans l’article écrit par Nod-A à cette URL

Tomas Diez : du Fab Lab à la Fab City

En conclusion de la journée, Tomas Diez a proposé aux participants un voyage dans ce que pourrait être “Barcelona 5.0”, aka la première “Fab City”. L’idée est de mailler la ville d’une myriade de Fab Labs à horizon 2020 ; dès 2012, la ville a pour projet d’ouvrir au moins 2 autres lieux en plus des 2 existants. Ce projet a vu le jour grâce au directeur de l’école d’architecture qui exerce également des fonctions à la municipalité de Barcelone.
Avec une focale clef : dans l’esprit de ses promoteurs, la ville intelligente n’est pas celle “de la domotique, du NFC ou des voitures volantes, mais plutôt celle d’un réseau de gens”. La ville est y vue comme un centre de production, dans laquelle le consommateur et le producteur sont une seule et même personne. Dans cette sorte de “Slow city”, les unités de production (les fab labs) assurent l’autosuffisance à l’échelle d’un quartier. Les fab labs sont donc éminemment locaux, organisés en fonction des ressources et personnes vivant sur le territoire. Dans ce contexte, la “smart city” devient une ville qui organise sa croissance autour de la connexion de ces unités de production locale. Si la concrétisation du projet reste incertain, la boucle “nature + infrastructures + urbanisme + TIC” demeure une piste d’avenir stimulante pour la ville de demain. “L’ère digitale va t-elle céder sa place à la réalité physique maniée par les prosumers ?” s’interroge Tomas.
C’est tout le mal que l’on souhaite à la cité catalane…

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