De la Montre verte à Green Eyes

Du capteur personnel à la mesure environnementale distribuée, le chemin parcouru depuis la première expérimentation publique de la Montre verte en juin 2009 à Paris pendant Futurs en Seine a été riche d’enseignements. Si l’intuition fondatrice du projet demeure, équiper les citadins d’un appareil de mesure de la pollution pour renforcer les dispositifs publics existants, et déployer une plate-forme web permettant d’agréger, partager et réutiliser les données produites par les montre vertes, les étapes qui ont suivi Futurs en Seine ont permis à la Fing et ses partenaires français et européens d’élaborer un projet ambitieux d’expérimentation à grande échelle du dispositif, Green Eyes, dont voici un résumé.

Objectifs du projet Green Eyes

En faisant participer les citoyens à la mesure environnementale (bruit et qualité de l’air), et en favorisant l’émergence de nombreux usages des données produites (production de connaissance, débat public et création de services), le projet Green Eyes vise à explorer et rendre opérationnelle une nouvelle approche de la "ville durable".

Cette approche, qui embarque tous les acteurs concernés, et en premier lieu les citadins, dans ce que nous appelons la mesure environnementale distribuée, sera expérimentée en 2011 et 2012 dans 3 villes européennes : Amsterdam, Manchester et Paris. Elle consistera :

Au travers de ce projet, nous voulons démontrer que la participation citoyenne et l’innovation ascendante ouvrent de nouvelles pistes pour construire la ville durable de demain. L’évaluation des expériences croisées entre les trois villes permettra de rendre la démarche reproductible et de nourrir les politiques environnementales urbaines en Europe. Les outils créés, les méthodes mises en œuvre et les résultats recueillis seront mis à disposition de l’ensemble des villes européennes.

Les 4 thématiques principales du projet Green Eyes

Co-construire la "ville durable"

Aujourd’hui, la "ville durable" se construit avant tout au travers de politiques publiques ou de projets menés par des grandes entreprises de services urbains. Les citoyens en sont peu parties prenantes. Nous croyons que la participation des citoyens à cette démarche, dès le stade de la mesure environnementale, est une condition de réussite des stratégies de développement urbain durable.

Explorer de nouvelles formes d’engagement, de participation et de coproduction :

Tous les partenaires du projet partagent le constat d’une montée en compétence des citoyens dans de nouvelles formes de contribution ou d’engagement, qui se développent notamment grâce aux outils de l’internet. S’appuyer sur ces pratiques pour explorer ensemble de nouvelles modalités de dialogue et d’interaction entre acteurs publics, citoyens et entreprises, constitue un enjeu mobilisateur.

Expérimenter la mesure environnementale distribuée :

Cette démarche doit relever quatre défis :

La création de valeur :

Les partenaires souhaitent explorer la création de valeur (publique et privée) que favorisera la réutilisation des données agrégées sur la plateforme Green Eyes. Qu’il s’agisse de services liés à la santé, au loisir, à l’immobilier, au tourisme, à la culture, à l’éducation ou à la mobilité, la coopération de tous les innovateurs que les partenaires rassembleront nous permettra d’avancer dans l’inventaire et la consolidation de ce nouveau levier de croissance durable.

Une collaboration transnationale

Pour atteindre nos objectifs nous avons besoin de renforcer les liens entre citoyens, acteurs publics, prestataires urbains et entreprises à un niveau local et européen. La dimension transnationale du projet Green Eyes est déterminante pour comparer méthodologies, mise en œuvre et adoption des pratiques développées dans les différentes actions. Expérimenter ces différents éléments dans des environnements urbains et institutionnels différents, comme le sont Paris, Amsterdam et Manchester, nous permettra de tirer plus efficacement des leçons qui pourront être mises en œuvre partout ailleurs.

Sur un sujet, le développement durable, qui concerne par essence tous les territoires européens, Green Eyes va déployer l’espace qui pourra accueillir une conversation de tous les européens sur ce sujet majeur.

Cette conversation sera engagée à toutes les étapes du projet, entre les 3 villes participantes d’abord, puis lors du partage des résultats à l’échelle européenne. Chacune des étapes de l’expérimentation donnera lieu à l’organisation d’ateliers et de débats entre acteurs et citoyens des 3 villes : la réalisation des capteurs et de la plate-forme, l’expérimentation citoyenne, le développement d’usages fondés sur les données partagées, l’évaluation des résultats et le prolongement de ces résultats en termes de stratégies de développement urbain durable.

Il s’agit d’abord de permettre aux 3 villes d’apprendre les unes des autres, de partager leurs réussites, leurs difficultés et leurs analyses. Il s’agit ensuite de rendre plus facile et séduisant pour les citoyens européens la comparaison de leur ville avec d’autres villes, et ainsi renforcer le sentiment d’identité et d’appartenance européenne. Enfin, il s’agit de produire des résultats robustes, non dépendants d’un contexte urbain, culturel et institutionnel donné, que d’autres villes européennes pourront utiliser.

Les principales actions

1. Concevoir et réaliser les dispositifs de mesure environnementale distribuée (bruit et qualité de l’air) et la plate-forme de partage des données recueillies.

Le plate-forme permettra :

2. Tester simultanément sur les 3 villes participantes la mesure environnementale distribuée, afin :

3. Evaluer, documenter et disséminer le projet afin de nourrir les stratégies de développement urbain durable en Europe :

Partenaires du projet Green Eyes : Fing et Laboratoire CITU/Paris 8 (France), Waag Society (Hollande), FutureEverything (Royaume Uni), Bell Labs Alcatel-Lucent (Belgique).

Le projet a été déposé le 24 septembre 2010 sous le programme Interreg IVB ENO, priorité 4 (Promouvoir des communautés fortes et prospères au niveau transnational), objectif 4.2 (Identifier et développer des actions collectives qui vont améliorer la qualité environnementale et l’attractivité des grandes et des petites villes y compris l’exploitation durable du patrimoine culturel, du tourisme, de l’économie créative, des pratiques énergétiques innovantes et durables).
La réponse sera donnée en fin d’année 2010.

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