Compte rendu Forum Villes 2.0 à Toulouse

Le Forum Villes 2.0 qui s’est tenu a Toulouse le 15 octobre dernier a restitué les 3 ateliers toulousains (8 juillet et 22 septembre) organisés par le programme Villes 2.0, le groupe Chronos, la Mélée numérique, la Diact, le Grand Toulouse, et la Mairie toulousaine.
Ces ateliers ont réuni plusieurs dizaines d’acteurs urbains (acteurs publics, prestataires urbains, entreprises, innovateurs, utilisateurs, geeks, journalistes) autour du thème de la ville comme plate-forme d’innovation ouverte, à Toulouse. Ils ont permis de faire émerger des projets comme la déclinaison d’Urban Mobs à Toulouse ou la version "innovation ouverte" du service Mobiville du Grand Toulouse, et ainsi d’enclencher une dynamique de changement sur le territoire de l’agglomération toulousaine.
Mission accomplie comme on va le voir.

Un Forum sous le signe de la mobilité et de l’innovation ouverte

Edouard Forzy présente la Mélée et le Forum Villes 2.0 à Toulouse.

L’innovation ouverte comme mode opératoire

La ville comme plate-forme d’innovation ouverte constituait le cadre de référence pour les 3 ateliers qui ont précédé la manifestation du 15 octobre.
Comme l’a rappelé Daniel Kaplan (délégué Général de la Fing) en ouverture de ce Forum Villes 2.0, l’innovation ouverte appliquée à la ville présente beaucoup d’avantages. Elle repose sur un constat simple : il y a plus d’intelligences et de compétences à l’extérieur d’une organisation qu’à l’intérieur, et aucun acteur ne peut aujourd’hui prétendre répondre seul à la complexité des questions urbaines. Pour rester ouvert aux idées et aux énergies nouvelles, le décloisonnement, l’ouverture, l’écoute, l’échange, le partage, la collaboration s’imposent avec toutes les forces qui composent la ville. En adoptant l’innovation ouverte comme mode opératoire, on va :

La mobilité urbaine, un secteur en pointe à Toulouse

L’industrie aéronautique et spatiale, ainsi que les technologies de géolocalisation placent Toulouse à la pointe de l’innovation dans le domaine de la mobilité. Autour du projet Galiléo, système européen de positionnement par satellite (futur concurrent du GPS) qui sera "opéré" depuis Toulouse, se sont agrégées de nombreuses entreprises qui explorent les champs nouveaux des services géolocalisés. Les ateliers Villes 2.0 toulousains se sont donc naturellement cristallisés autour de la notion de mobilité urbaine, et les participants ont été appelé à collaborer et imaginer de nouveaux projets autour de 4 thématiques :

Les toulousains, stratèges de leur mobilité

Le nomadisme des urbains est à la fois choisi, comme une liberté et une affirmation individuelle, et subi sous la pression conjuguée des horaires et de formes urbaines encore peu adaptées à des pratiques nouvelles de gestion de l’espace et du temps.

Plusieurs études confirment la propension des voyageurs à pratiquer le time shift, c’est-à-dire à jouer intelligemment des horaires, des modes de transports et des contraintes pour gagner du temps sur le temps. Ainsi, Plus l’information est précise, étendue, dynamique et plus les citadins deviennent stratèges de leur mobilité. L’intelligence collective des mobilités consiste à les outiller pour qu’ils participent plus activement à la régulation du système.

Une mobilité plus durable passe aussi par l’intensification de l’usage des transports collectifs et des modes de déplacement "doux" (vélo, marche…). Mais elle se heurte à la difficulté de limiter l’usage de l’automobile. D’autant que, dans plusieurs métropoles, les transports collectifs atteignent leurs limites c’est-à-dire la saturation. A l’inverse certaines autorités de transport, comme le Grand Londres commencent à encourager les voyageurs à marcher en place et lieu du métro, constatant que 20% des déplacements effectués en métro sont plus efficaces à pied ! Ces difficultés ne pourront se résoudre autrement que par de lourds investissements : métros ou trams, bus en "sites propres", gares… Mais les nouveaux services de mobilité issus du numérique comme le co-voiturage, les vélos et auto partagés, associés à des systèmes d’information performants sur le trafic et les flux de transports collectifs devraient fournir un complément utile et stratégique. S’agissant de la situation toulousaine les pistes évoquées dans nos ateliers ont beaucoup tourné autour de l’information et la cartographie temps réel : taux d’occupation des bus, des rames de métro, visualisation des zones embouteillées, installation d’écrans dans les bus et les métros, couverture en 3G du métro … Un premier pas dans cette direction va pouvoir être franchie avec le déploiement d’une expérimentation pilotée par Orange Labs qui va consister à cartographier les déplacements des toulousains à partir des usages de leur téléphone mobile. Inspirée d’Urban Mobs, cette représentation d’un genre nouveau des dynamiques de mobilité à partir des données du numérique va permettre aux toulousains, acteurs urbains et usagers ensemble, de mieux comprendre leurs logiques de déplacements, et d’optimiser leurs stratégies de mobilité. L’enjeu avec cette expérimentation "Toulouse Mobs" est aussi d’explorer ce que peut apporter le croisement de ces données issues du téléphone mobile avec d’autres, comme par exemple celles de l’opérateur de transport public.

Le réseau social et métropolitain toulousain

Les réseaux sociaux sont des créations autonomes, à des fins de regroupement communautaires, ou parfois venant en appui à des projets privés. C’est ainsi que les institutions publiques locales commencent à s’y intéresser. Le site officiel de la mairie de Toulouse est un des premiers sites web publics à intégrer des outils de réseautage et à proposer sous sa propre bannière des fonctions de réseau social. Dans les domaines de compétences portés par les villes, et tout en s’appuyant sur la première expérience de la ville de Toulouse, le groupe de travail a identifie quelques domaines particulièrement sensibles pour lesquels les réseaux sociaux pourraient apporter une réelle valeur ajoutée :

Agenda de tous les événements et rendez-vous de l’agglomération (projet municipal) 

La mairie est le point de convergence d’un grand nombre d’informations relatives aux événements culturels, associatifs, éonomiques, politiques ou simplement ayant trait à la vie de quartier (réunions de parents d’élèves ou de voisinage). L’agenda de la ville ou de l’agglomération co-produit avec le réseau social des acteurs organisateurs d’événements locaux ou hyperlocaux pourrait devenir un service incontournable.

Observatoire des dysfonctionnements sur l’espace public Chaque jour les agents territoriaux constatent des incidents sur l’espace public (point d’éclairage public défectueux, encombrants non signalés sur les trottoirs etc..) ils sont également alertés par des citoyens qui appellent la mairie. Le système d’information et de signalement pourrait être étendu aux détenteurs d’un mobile à condition de pouvoir signaler facilement et simplement les incidents qu’ils relévent au cours de leurs déplacements (travail sur l’ergonomie du dispositif indispensable).

La concertation élargie à de nouveau cercles de citoyens L’activité des comités de quartiers de la ville qui s’appuie sur des réseaux d’acteurs (habitants, associations, clubs…) pourrait s’enrichir de l’apport des réseaux sociaux existants. Il conviendrait de trouver les formes permettant d’orienter, d’interroger et de mobiliser les citoyens actifs sur de tels réseaux : rendre plus visible leur énergie créative.

Entrepôt de données urbaines toulousaines

L’innovation urbaine s’applique à un espace partagé par un très grand nombre d’acteurs. -Dans la quasi-totalité des cas, les services innovants doivent pouvoir entrer en « résonnance » avec des lieux, des réseaux, des infrastructures, des canaux de communication, des informations… qui ne leur appartiennent pas. Un service d’information multimodal sur les transports collectifs, -ne peut fonctionner sans le partage des informations dynamiques détenues par une diversité d’opérateurs : transports publics, voirie, parkings, véhicules partagés, services météo… ; il doit être aussi facile à consulter sur ordinateur que sur mobile via les grands portails urbains ; - il peut être complété par des services transactionnels permettant, sur le même support de payer quelques heures de parking, un billet de train ou une place de spectacle.

De tels services mobilisent plusieurs dizaines d’acteurs qui doivent partager informations et accès au système d’information, clients et usagers… Pas si facile quant le système de production et les clients sont considérés comme des actifs stratégiques et par conséquent, protégés. — Pour progresser, seule la démonstration que le partage profite à tout le monde est payant.

Mobiville en mode innovation ouverte ?

Pourquoi ne pas profiter du lancement du service Mobiville sur l’agglomération toulousaine pour proposer en parallèle la réutilisation de tout ou partie des données de Mobiville aux acteurs de l’écosystème numérique toulousain ? Et illustrer ainsi une conviction forte incubée dans le programme Villes 2.0, à savoir que ce ne sont pas forcement ceux qui possèdent les données qui en font le meilleur usage, qu’un seul assemblage de données n’épuise pas les possibilité d’agencement, de combinaisons et de services de ces mêmes données, et que les usagers, individuels ou professionnels, les acteurs du numériques, les designers et autres développeurs ont certainement beaucoup d’idées eux aussi sur la manière de les utiliser.

Cette conviction est partagée avec les acteurs du Grand Toulouse, à l’origine de Mobiville avec le Grand Lyon. L’idée serait de lancer un concours “Mobiville ” à l’attention de tous les acteurs de l’écosystème numérique toulousain, et de leur offrir la possibilité de jouer avec les données Mobiville et de laisser libre cours à leur créativité. Une deuxième version de Mobiville, complémentaire de la première, en mode innovation ouverte.

Le projet Mobiville est une application qui intègre des services d’information voyageurs en temps réel et de guidage en milieu urbain sur un téléphone mobile GPS/Internet.
Ce dispositif proposera prochainement aux entrepreneurs et utilisateurs de créer des services à partir de données publiques, comme nous l’explique Richard Reclus, dans cette vidéo :

Tiers-lieux toulousains pour des usages composites et valorisants

Les nomades urbains ont un domicile fixe dont ils sont éloignés plus de la moitié du temps. -Ils occupent également un bureau plus souvent délaissé aujourd’hui… au point de voir les entreprises s’interroger sur l’intétrêt de maintenir des espaces coûteux faiblement exploités. Peut-on, à côté des formes traditionnelles, assigner aux espaces de travail de nouvelles fonctions : comme de permettre par exemple de travailler à mi chemin de l’entreprise ou encore d’y rencontrer des clients, des partenaires, voire y établir des contacts imprévus. Sait-on imaginer, concevoir et aussi animer de tels espaces ?

Une Cantine à Toulouse ?

Le projet de la Cantine à Toulouse, portée notamment par la Mêlée numérique, est déjà fort avancé, et n’a pas attendu les ateliers Villes 2.0 pour exister. Il est emblématique d’une nouvelle manière d’entreprendre les projets, en agrégeant de multiples partenaires, d’une nouvelle manière d’appréhender l’espace urbain, et de contribuer à sa transformation. La Cantine à Toulouse n’épuise pas toutes les possibilités du concept de tiers-lieu, mais elle en cristallise de nombreux aspects et constitue un formidable démonstrateur de ces nouveaux dispositifs urbains.

Vous & la Fing

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