Co-construire la Rive Droite (Numérique) restitution de la phase 1

Le 16 février dernier, à l’Espace Citoyen Génicart de Lormont, l’équipe du projet "co-constuire la Rive Droite" a donné un premier bilan des travaux engagés. Il s’agissait en particulier de révéler les "dynamiques numériques urbaines" en œuvres sur le territoire du Grand projet des Villes.

Projet de renouvellement urbain, le Grand Projet de Ville de la Rive droite de la Garonne s’appuie à la fois sur des actions de construction et d’aménagement de l’espace, et sur une démarche de réappropriation du territoire par ses acteurs et ses habitants. Le numérique doit devenir l’un des outils de cette réappropriation.

Ce projet est initié par le GIP GPV et la Fing en partenariat avec les laboratoires MICA et ADES des universités de Bordeaux, la 27ème Région et avec le soutien d’AEC Avec le soutien de l’Union Européenne (FEDER) et du Conseil Régional d’Aquitaine.

Rappel

L’objectif général du projet « co-construire la rive droite numérique » consiste à définir et spécifier un dispositif, une plate-forme d’innovation numérique, qui facilitera la conception, la production, l’échange et la diffusion de contenus et de services urbains. La plate-forme s’adressera à tous les acteurs du territoire, à la fois en tant qu’utilisateurs et qu’innovateurs : citoyens, associations, créateurs, groupes informels, médias, entreprises, acteurs publics. Dans l’esprit d’une réappropriation du territoire, il s’agit à la fois :

Cette journée publique a consisté à faire le point sur les différents travaux engagés lors de la phase un du projet. Vous trouverez très prochainement en ligne l’intégralité des travaux.

Révéler les "dynamiques numériques urbaines", avec :

Equipement et usages en matière de technologies numériques des habitants du GPV

Enquête réalisé par Aquitaine Europe Communication

Téléphonie Mobile En matière de téléphonie mobile, on constate que sur l’ensemble du GPV, le taux d’équipement atteint 80,4% de la population soit 8 points de moins que sur l’ensemble de la Gironde et 7 points sur l’Aquitaine. Ce sont la ville de Cenon ainsi que le Bas Lormont qui présentent les taux d’équipement les plus faibles. A l’inverse, le Haut Lormont, la Bas Floirac et le Haut Floirac connaissent les taux d’équipement les plus élevés. En ce qui concerne l’accès à Internet depuis le mobile, les profils sont proches des précédents : les enquêtés les plus enclins à consulter internet en situation de mobilité (sur téléphone) se trouvent essentiellement dans le Haut et Bas Floirac et dans le Haut Lormont. Dans le Haut Floirac, près d’un possesseur de mobile sur 4 consulte régulièrement internet sur son téléphone !

Equipement en technologies numériques En ce qui concerne l’équipement informatique, le taux de pénétration de l’ordinateur sur l’ensemble du GPV atteint 64,5%, soit près de 5 points de retard sur l’ensemble de l’Aquitaine et près de 9 points sur la Gironde. En matière de connexion à Internet, les retards du GPV sont moins flagrants qu’en ce qui concerne l’informatique. En effet, si 59,4% des ménages du GPV sont connectés à Internet, ils sont 59% sur l’ensemble de l’Aquitaine et 64,7% sur la Gironde. Pour Internet Haut-débit, le GPV (51,3%) accuse un léger retard sur l’ensemble de l’Aquitaine (53,5%) et un retard plus important sur la Gironde (60%).

Usages Internet Près des deux tiers des habitants du GPV déclarent utiliser Internet (63.4%). Ce taux est légèrement inférieur à la moyenne régionale qui s’élève à 66,5%. Les hommes y sont légèrement plus utilisateurs que les femmes (66,9% contre 61,1%) . On constate que l’utilisation d’Internet est une question d’âge. D’une manière générale, Internet est, avant tout, utilisé pour communiquer : courrier électronique et messagerie instantanée sont les deux usages les plus fréquents. Par ailleurs, on constate que près d’un internaute sur 5 consulte Internet en situation de mobilité (par ordinateur portable ou par téléphone mobile) et qu’également 1 possesseur de téléphone mobile sur 5 y consulte Internet. Ce taux est légèrement supérieur à la moyenne régionale qui s’élève à 18%. En ce qui concerne la participation aux réseaux sociaux, les habitants du GPV se montrent très actifs. En effet, ils sont 16,1% à tenir un journal en ligne (blog) contre moins de 10% pour l’ensemble de l’Aquitaine. Enfin, en matière d’administration électronique, il semble que les habitants du GPV consultent régulièrement les sites des administrations publiques.

Non internautes Les non internautes sont plus fréquents sur le GPV que sur l’ensemble de l’Aquitaine (33,8% contre 28,8%). Ils sont principalement féminins, retraités, possèdent un très faible niveau de diplôme et vivement principalement dans le Bas Cenon.

L’empreinte numérique de la Rive droite

Enquête réalisée par le laboratoire de GRECO/MICA de l’Université Bordeaux 3 sous la direction d’Amar Lakel, enseignant-chercheur

L’enjeu de ce projet de recherche était de comprendre le rôle, dans l’espace public, de l’avènement d’une communication numérique 2.0 modifiant profondément les usages d’internet. Avec l’arrivée de la communication numérique mobile et de la réalité augmentée, l’année 2010 voit un tournant majeur dans cette communication 2.0 qui devient temps réel, inscrite dans le territoire et dans les pratiques quotidiennes géo-localisées. Les territoires « numériques insides » sont ceux qui s’engagent aujourd’hui dans l’exploitation de ces données au service de l’intérêt général.

A la recherche d’un territoire inconnu : l’espace public local numérisé Derrière l’apparente complexité des plateformes de communication numérique 2.0, il y a des hommes et des femmes qui, par leurs échanges continus d’information, constituent des réseaux sociaux dans un espace public de communication. Il faut dépasser la séduction (ou répulsion) de la technique pour tendre l’oreille vers la prise de parole publique. Ces plateformes sont toute orientées vers la mise en réseau d’identités numériques construites sur une logique d’auteur. C’est en publiant ses opinions, ses images, ses ressources informationnelles, ses goûts que l’on se définit à autrui, qu’on tisse des liens et des « amitiés » pour former des groupes d’intérêts, des sociétés. Depuis la sociologie pragmatique de l’Ecole de Chicago, on sait que la société s’invente et se construit essentiellement sur la fabrication du sens commun. C’est donc l’action de communication qui est le fondement des relations interpersonnelles, des identités individuelles ou collectives. Cette étude est basée sur une approche pragmatique de la communication pour mieux comprendre qui parle, de quoi, comment, d’où et à qui. Ainsi, nous sommes en mesure de faire une cartographie sociologique de la réputation numérique des villes du GPV en découpant les acteurs locaux en profils de communication.

WEB 1.0, une parole professionnelle structurée La communication du web 1.0 s’appuie avant tout sur des sites web institutionnels (81,5%) avec une politique éditoriale de textes chargés ayant, le plus souvent, une fonction promotionnelle, écrits dans un langage très soutenu (84% des cas). La communication du web 1.0 est dominée par les institutions publiques locales (1/3 des messages) et la presse professionnelle (1/3). Les « amateurs » sont les grands absents des messages filtrés par Google. On note une très nette valorisation des sites web institutionnels ou ayant une stratégie de référencement bien organisée. Les acteurs ont comme préoccupation d’informer (2/3) et de valoriser (1/3) l’activité culturelle et sportive (1/2) ou la ville et son devenir (pour l’autre 1/2). Pour autant, la presse reste obsédée par les stéréotypes de banlieue, même si la presse locale sait équilibrer ces interventions entre mise en valeur et stigmatisation. On note par ailleurs sur la rive droite un dynamisme des associations qui jouent un rôle aussi important que les institutions publiques dans l’image du territoire. La très grande majorité des messages sont destinés à un public local d’usagers ou de citoyens consommateurs des services publics et des infrastructures culturelles ou sportives. Ce sont des messages conformes aux modèles de communication publique qui visent à informer et à mettre en valeur les ressources du territoire pour un public d’usagers directs.

WEB 2.0 : L’émergence de la parole ordinaire 69% des messages relevés sont émis par les habitants de la rive droite avec une surreprésentation de la jeunesse, une forte présence de l’habitant « lambda » et une implication non négligeable des acteurs économiques. Ils sont suivis de près par les acteurs sportifs et culturels. Une partie des messages concernent néanmoins des émetteurs externes à la rive droite. Le web 2.0 est avant tout un web local. Parmi tous les supports média étudiés, on note une prépondérance des plateformes de réseaux sociaux, principalement orientées « jeunesse » (Skyblog, Netlog) et communauté d’intérêts (Facebook, Myspace). Les plateformes professionnelles sont, quant à elles, très peu actives dans l’image de la rive droite. L’unité sémantique dominante des messages est un bloc visuel commenté. Les messages textuels sont très courts et largement associés à des vidéos et images reflétant une culture de la webcam et du téléphone mobile largement diffusée dans la jeunesse actuelle. C’est une communication d’interaction, rapide et légère. Loin des clichés sur la jeunesse des quartiers, la plupart des messages étudiés utilisent un ton neutre ou positif associé à une communication de bonne civilité. Les chiffres ne révèlent pas d’attitudes marginales (langage grossier vs langage expert). L’intention pragmatique concerne surtout la volonté d’informer et de mettre en valeur au sein d’un cercle d’initiés. Les émetteurs ont une forte tendance à parler d’eux, de leur environnement (la rive droite) et de leur vie quotidienne. Leurs hobbies sont fréquemment abordés, qu’il s’agisse de sport, de la musique ou autres activités culturelles. Vient ensuite ce que l’on a qualifié de « sujets secondaires » (au regards des chiffres) comme la politique, l’économie, l’école. Vers la fin de la fracture numérique des espaces de communication en ligne ? Cette étude a révélé la profonde dichotomie entre deux espaces de socialisation numérique. D’une part, le web 1.0, constitué par les sites web traditionnels et les blogs, porte une parole professionnelle et institutionnelle propre à la communication publique. Ce web apparaît comme un des supports des stratégies de communication institutionnelle avec ses avantages et ses défauts. Le web 2.0, constitué de plateformes hétérogènes dominées par les réseaux sociaux, donne la parole quant à lui au « chacun ordinaire ». Ce dernier fonde sa communication sur un discours d’identification qui passe par son appartenance au territoire en miroir aux autres, par la monstration de soi, des ses goûts musicaux et sportifs.

Aujourd’hui, peu de ponts permettent la communication entre ces deux espaces numériques. Si les entreprises ont fait leur entrée timide dans des plateformes spécialisées business, les institutions sont quasi inexistantes dans les réseaux sociaux (l’année 2010 montre toutefois une très forte mobilisation de ces dernières) et la presse ne s’est pas encore saisie d’une logique de réseau. Parallèlement, le web 2.0 semble piétiner dans une conversation intime/publique sans enjeux majeurs de services. Tout porte à croire que les développements futurs d’une véritable société de l’information et de la connaissance passeront par l’hybridation de ces deux espaces. Ces nouveaux lieux de communication passeront par l’écoute et le soutien des initiatives locales dans des agendas conduits par des politiques publiques locales. Cette nouvelle forme de communication publique numérique devra faciliter tout autant les démarches de proximité et de concertation que le pragmatisme de l’action publique.

Le numérique comme activateur du territoire

Enquête réalisée dans le cadre du programme Territoires en résidence de la 27e Région

Une Résidence, ça a l’air sympa !… mais pour quoi faire, à quoi ça sert sur ce projet ? Nous avions 3 semaines sur place, pas une de plus ! Nous nous sommes tout naturellement inscrits dans une démarche d’expérimentation in situ, en amont de la mise en œuvre de cette “Plateforme d’innovation ouverte”… et nous avons décidé d’axer notre intervention sur la recherche d’un chemin, d’une méthode de mobilisation collective et même d’émulation. Nous nous sommes notamment demandés :
Comment le numérique peut-il être source de mobilisation ?
Comment faire évoluer les méthodologies de la concertation ?
Comment imaginer le numérique comme activateur du territoire, révélateur et catalyseur des dynamiques existantes ?

Notre approche du territoire par le biais de la Résidence, de l’expérience du terrain devait apporter un regard complémentaire sur ce futur dispositif, cette plateforme en co-construction. La Résidence devait permettre d’inventer des outils, de tester une démarche, de visualiser à travers le maquettage de projets concrets quelle(s) forme(s) pourrait prendre cette plateforme, et quels chemins peuvent y conduire. La Résidence, c’est une amorce au projet global, qui cherche à faire émerger des dynamiques, des acteurs, des projets en gestation sur le territoire.

Ok ! Concrètement ça donne quoi par exemple ? Et bien par exemple ça donne, pendant notre 2ème semaine, un atelier créatif accueilli par Jean-Christophe Blancand chez O2 Radio et réunissant des acteurs issus de milieux professionnels variés, en petits groupes, avec une méthode et des outils expérimentaux de création et de récolte, sur le thème : “ Produire/penser un ou des médias hybrides qui croisent des initiatives individuelles et collectives, et qui croisent les supports (radio, journaux, Web TV…) ”. Atelier que nous avons prolongé par un autre en 3ème semaine, accueilli cette fois par François Vergnon à la Cyberbase de Cenon (notre hôte tout au long des 3 semaines) et qui réunissait des élus des 4 communes. On leur a donné une autre règle du jeu, dans l’esprit d’innovation ascendante cher au projet de “Plateforme” : en petits groupes inter-communaux, les participants devaient choisir l’une des idées de projet qui avait émergé du précédent atelier et la “prototyper” rapidement. Très brièvement, prototyper ça revenait à établir un budget à la louche, réfléchir à quels services municipaux à mobiliser… Ils ont super bien joué le jeu ! On pourrait te donner encore plein d’autres exemples comme le maquettage de certains projets qui émanent d’acteurs du territoire comme le Centre Social de la Colline, et qui nous semblaient être des terrains d’expérimentation propices à la mobilisation collective.

Bon, on pourra en reparler… Un mot pour résumer ? La résidence devait rendre visible une idée de la “Plateforme”, elle devait en proposer une image si possible inattendue, mais aussi, et c’est peut-être le plus important, la délivrer d’usages et d’images un peu fantasmés, comme le “Facebook local”, ou le “super Netvibes de la Rive droite” !
Elle devait aussi permettre d’identifier des acteurs susceptibles de porter ou de promouvoir le projet. Et par ricochets et cooptation, de commencer doucement à sensibiliser les habitants.
Enfin elle a aussi permis d’interroger la mise en activité d’une “Plateforme” à cheval entre des territoires administratifs multiples…. Quelle est son échelle ? Et qui en sont les acteurs, les coordinateurs, les animateurs ? Comment, dans ce contexte, notre démarche de préfiguration axée sur la CO-conception pourrait conserver ses “CO” tout au long de la mise en œuvre du projet ?

Les Ateliers PINS (Plateforme d’innovation numérique et sociale)

Pour en assurer un usage intense, productif et inventif, la plate-forme doit être conçue avec ses futurs utilisateurs. Certains d’entre eux peuvent être facilement identifiés : les acteurs publics, les médias, les entreprises spécialisées dans les services numériques… Mais la plupart des autres ne sont pas aujourd’hui visibles, alors qu’ils constituent vraisemblablement l’essentiel du potentiel : il s’agit des individus, des groupes, des associations et des petites entreprises qui développent une pratique active de l’internet, à partir du territoire et en revendiquant leur origine. Ces « dynamiques numériques » territoriales nous renseignent sur l’état de la conversation en cours ainsi que sur les « têtes de réseaux » du territoire « numérique ».

En s’appuyant sur les dynamiques numériques relevées par les étudiants, le carottage numérique des Résidents de la 27ème Région, ainsi que les axes de travail du GIP GPV il s’agira donc dans cette deuxième phase du projet, de poursuivre une démarche de rencontre en face à face à travers des ateliers créatifs afin d’associer les « habitants » du territoire à la co-construction de la rive droite numérique. La démarche se fonde sur une méthode de « design de services », qui implique dès le départ toutes les parties prenantes. Ces premiers ateliers auront pour objectifs de :

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