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Capacity

Explorer les réalités de l’empowerment à l’ère numérique

#empowerment #eapacitation #usages #recherche

Présentation

Conduit entre 2015 et 2018, Capacity est un projet de recherche soutenu par l’ANR. Capacity a questionné le potentiel de la société numérique à distribuer plus égalitairement les capacités d’agir – ou “empowerment”.

Il a associé la Fing, l’Université Rennes 2 et IMT Atlantique, et a été labellisé par les Pôles de Compétitivité Cap Digital et Images et Réseaux.

Entre 2015 et 2018, le projet de recherche Capacity a travaillé les conditions dans lesquelles le numérique peut se révéler capacitant – ou au contraire, facteur d’inégalité. Il a tenté de qualifier et de vérifier les bénéfices attendus de démarches qui visent délibérément à favoriser l’ouverture, la contribution, les communautés apprenantes.

Capacity a cherché à mettre en évidence des facteurs et degrés du pouvoir d’agir : qu’est-ce qui fait que le numérique nous renforce ou nous affaiblit, consolide nos liens sociaux ou non, nous donne un meilleur accès à la connaissance ou nous sature d’informations ? Quels dispositifs physiques et en ligne vont s’avérer propices à nos projets et à nos choix ?

Les travaux de Capacity ont mis en lumière que les configurations propices au pouvoir d’agir outillé par le numérique peuvent s’analyser sous trois angles : l’intention politique, le dispositif et les trajectoires individuelles et collectives des personnes.

Capacity a élaboré au long de ses travaux un cadre destiné à analyser une configuration capacitante au crible de trois niveaux d’analyse : l’intention politique, le dispositif et l’acteur sujet.

L’articulation de ces trois niveaux d’analyse permet de repérer les configurations dans lesquelles le potentiel des cultures numériques est converti en pouvoir d’agir et celles dans lesquelles il demeure une promesse non tenue voire un multiplicateur d’inégalités générateur de souffrance (phénomènes de déclassement social, de subjectivation négative, de réification).

Du côté de l’action publique, il s’agit principalement d’analyser les intentions politiques et les représentations qui la sous-tendent (à la fois représentations du numérique et représentations des publics ciblés). Il semble alors intéressant de retracer les étapes de la mise à l’agenda politique du numérique « inclusif »et d’en dénouer les enjeux. Nous préférerons parler d’action publique que de politique publique pour rendre compte de son caractère labile et dilaté telle qu’elle se réalise sur le terrain. Il s’agit de prendre en compte la pluralité des acteurs agissant au nom de cette politique numérique inclusive. D’autre part, sur le plan épistémologique, parler d’action publique c’est faire droit à une approche du politique qui déplace le regard des institutions qui le structurent vers les pratiques qu’il génère.

Du côté des dispositifs, il s’agit de voir comment l’intention politique est interprétée et appropriée par des acteurs de terrain et incarnée dans des dispositifs à la fois contraignants et potentialisants, de produire une analyse des pratiques “bricolées”. A titre d’illustration, les dispositifs de formation Grande Ecole du Numérique observés à Rennes fonctionnent comme un espace de réalisation personnelle, lieu d’épanouissement permettant de gagner en estime de soi et de re-créer du lien social La formation est alors intégré comme un dispositif permettant de gagner en estime de soi, un espace de socialisation et d’expression. Les apprenants vont alors se fixer dans la formation des objectifs différents de ceux initialement prévus par les responsables pédagogiques, objectifs qui sont généralement d’ordres formatifs et professionnels. Les apprenants sont alors dans une posture de “bricolage” (Plantard, 2014) de réinterprétation du dispositif.

Du côté des trajectoires de personnes, enfin, il s’agit d’abord de voir ce qui permet de repérer les processus d’empowerment en termes de socialisation, d’apprentissages, d’insertion, d’accès à l’emploi, de projet, de participation démocratique, etc. (indicateurs d’empowerment) puis de voir ce qui différencie ces processus : au niveau de la personne (ce que changent les usages d’Internet dans l’organisation de la vie quotidienne, dans les sociabilités et dans les potentialités d’accès aux ressources) et de son interaction avec les dispositifs incarnant une intention politique.

Ainsi, dans l’analyse, nous accordons une large place aux subjectivités individuelles des décideurs (au travers de la formalisation du problème), des professionnels de terrain (au travers des bricolages) et des sujets (aux travers de leurs tactiques d’appropriation du numériques dans et hors dispositifs éducatifs et/ou de (re)médiation).

                                                       

L'équipe

Jacques-François Marchandise
Jacques-François Marchandise
Délégué général
Renaud Francou
Renaud Francou

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