Du cartable électronique aux Espaces numériques de travail

Un ENT a pour objectif de fournir à chaque utilisateur (enseignant, élève, administratif, technicien, mais aussi parent, intervenant extérieur…) un point d’accès unifié à l’ensemble des outils, contenus et services numériques en rapport avec son activité. Cet ouvrage propose une approche à la fois pédagogique et méthodologique, afin d’accompagner la mise en place des projets ENT en France.

Une réflexion conduite par la Caisse des Dépôts et la Fing, sous la direction de Daniel Kaplan et Serge Pouts-Lajus Edité par La documentation française, collection des Cahiers pratiques du développement numérique du territoire (juin 2004) publié le 19 août 2004

Du cartable électronique aux Espaces numériques de travail

Qu’est-ce qu’un espace numérique de travail (ENT) dans l’éducation ?
ENT et cartable électronique, est-ce la même chose ? Quel bilan peut-on tirer des expériences et déploiements actuels ?
Que peut-on attendre d’un ENT dans la vie d’un établissement scolaire ?
Où se situe la France dans le déploiement d’ENT ?
Quand les ENT seront-ils généralisés ?
Concrètement, que signifie installer un ENT ?
Quelles sont les conditions de réussite des projets ENT ?
Comment l’Etat et les collectivités locales collaborent-elles dans le développement des ENT ?
Qu’est-ce que le Schéma directeur des environnements de travail (SDET) ?
Pourquoi cet ouvrage ?
A qui s’adresse l’ouvrage ?
Comment l’ouvrage est-il organisé ?

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Qu’est-ce qu’un espace numérique de travail (ENT) dans l’éducation ?

Un ENT a pour objectif de fournir à chaque utilisateur (enseignant, élève, administratif, technicien, mais aussi parent, intervenant extérieur…) un point d’accès unifié à l’ensemble des outils, contenus et services numériques en rapport avec son activité.

Concrètement, il s’agit de rassembler toutes les fonctions disponibles dans un « portail personnalisé » adapté à aux besoins de chacun : bureau numérique (annuaire, espace de stockage, agenda, outils bureautiques…), outils de communication (courriel, accès internet…), services de vie scolaire (emploi du temps, notes, absences, information administrative…), services pédagogiques et documentaires (ressources pédagogiques, dictionnaires et bases de données, outils de création, de publication et de collaboration…). Ces fonctions seront accessibles à partir d’une identification unique, depuis n’importe quel poste à l’intérieur de l’établissement, mais aussi depuis l’extérieur : domicile, lieux d’accès public, etc.

Une telle démarche rapproche l’ENT des pratiques qui se développent dans toutes les organisations tertiaires. Elle répond à la réalité des pratiques et des besoins de la communauté éducative.

L’ENT prend en compte la mobilité des enseignants et des élèves. Il peut être utilisé dans toutes les circonstances de la vie d’un établissement, depuis les tâches administratives jusqu’à la classe, depuis la préparation d’un cours jusqu’à l’alerte des parents en cas d’absence d’un élève…

Bref, l’ENT est le « chaînon manquant » entre l’équipement et l’usage, entre la théorie et la pratique généralisée des TIC dans l’éducation.

ENT et cartable électronique, est-ce la même chose ?

Depuis le début des années 1990, et surtout depuis 2000, de très nombreux projets ont été engagés en France sous l’appellation « cartable électronique ». Par rapport à ces premières expériences, l’ENT relève d’une démarche à la fois plus modeste et plus englobante :

En définitive, l’apport de l’ENT consiste à tirer les leçons des premières expériences pour permettre à de tels projets de s’édifier sur des bases solides, d’évoluer par étapes et de laisser la place à la diversité des projets d’établissements. L’ENT constitue en quelque sorte la « version 2 » du concept de cartable électronique.

Quel bilan peut-on tirer des expériences et déploiements actuels ?

La vingtaine de projets significatifs de cartables électroniques et d’ENT que l’on recense en France présente une très grande diversité, que ce soit dans les choix stratégiques et fonctionnels, les partenariats, les technologies choisies ou les publics visés.

Malgré des résultats positifs, la plupart de ces expériences ont rencontré des difficultés lorsqu’il s’est agi de s’étendre à d’autres cycles, d’autres établissements, ou de convaincre d’autres enseignants que les pionniers.

Ces difficultés peuvent être attribuées à quatre causes : le coût des projets, lorsqu’ils supposent un équipement individuel ; une relative incertitude sur leur impact pédagogique ; l’immaturité des outils ; et la difficulté à nouer, entre les collectivités locales et l’institution scolaire, la relation de partenariat étroite et durable indispensable à la réussite de tels projets. En outre, les parents sont les grands absents de la plupart de ces projets.

Beaucoup des premiers projets évoluent aujourd’hui vers une démarche de type ENT.

Que peut-on attendre d’un ENT dans la vie d’un établissement scolaire ?

Du point de vue de l’utilisateur (élève, enseignant, autre personnel, parent…) :

Du point de vue des Académies, collectivités locales et établissements :

Où se situe la France dans le déploiement d’ENT ? (juin 2004)

A l’occasion de la préparation de l’ouvrage, la Caisse des dépôts a commandité une étude sur 7 pays : Allemagne, Canada, Belgique Flamande, Danemark, Espagne, Etats-Unis et Pays-Bas.

Dans tous les pays étudiés, il existe des projets reposant sur des principes pouvant être assimilés à ceux des ENT ou aux cartables électroniques.

La comparaison internationale aboutit cependant à deux constats apparemment paradoxaux. D’un côté, aucun modèle dominant ne s’impose : les stratégies, les pratiques, les choix techniques, sont presque aussi divers que les projets rencontrés. En revanche, le besoin se fait partout sentir de personnaliser, d’unifier, de faciliter l’accès aux outils et des ressources numériques : l’intuition sous-jacente au concept d’ENT s’avère partagée.

Ainsi, malgré le succès de certains projets, il semble que l’on soit encore, partout, dans une phase exploratoire en ce qui concerne les ENT, même dans des pays que l’on juge a priori en avance en matière d’intégration des technologies de l’information (Etats-Unis, Canada, Danemark).

La France se distingue par la grande diversité des projets, par l’existence d’initiatives d’équipement individuel très ambitieuses (que l’on ne rencontre pas à l’étranger, sauf dans quelques Etats et Comtés des Etats-Unis) et par l’existence d’une démarche nationale volontariste.

Quand les ENT seront-ils généralisés ?

Dans l’enseignement scolaire, l’objectif du ministère de l’Education nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche est de généraliser les ENT dans les établissements à l’horizon 2006.

Un appel à projet ENT, lancé en 2003, a conduit à soutenir 8 projets du secondaire et 2 projets du primaire.

Pour définir les services attendus et leurs préconisations techniques, le ministère a publié un Schéma directeur des espaces numériques de travail (SDET, voir plus loin).

Un dispositif de suivi et d’échange des projets ENT est en cours de constitution. Il réunira la sous-direction des technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement (SDTICE) et la Caisse des dépôts afin :

Dans l’enseignement supérieur (qui n’est pas traité dans l’ouvrage), quatre grands projets ont été retenus pour servir de base aux développements ultérieurs. Le ministère s’est fixé trois objectifs :

Suivi permanent des projets ENT : http://www2.educnet.education.fr/se…

Concrètement, que signifie installer un ENT ?

D’un point de vue technique, installer un ENT consiste avant tout :

Cependant, la technique n’est pas l’essentiel dans un projet ENT. L’installation d’un ENT est un projet stratégique, qui doit s’inscrire dans le projet global de l’établissement, de l’académie et des collectivités territoriales. Il s’agit en particulier :

Quelles sont les conditions de réussite des projets ENT ?

La conception et la mise en œuvre d’un espace numérique de travail doivent être envisagées comme des projets classiques de modernisation et de conduite du changement. Avec, tout de même, une particularité : le nombre et la diversité des acteurs appelés à intervenir dans le projet.

Au-delà des éléments mentionnés à la question 7, quatre conditions de réussite doivent être mentionnées :

Comment l’Etat et les collectivités locales collaborent-elles dans le développement des ENT ?

Au niveau local, la distribution des responsabilités et des compétences en matière d’éducation rend plus indispensables que jamais les partenariats entre les différents acteurs publics concernés, à plusieurs niveaux : entre collectivités d’un même territoire, entre les collectivités et l’institution éducative, voire avec d’autres acteurs.

Dans le domaine des ENT, un partenariat clairement formalisé entre les collectivités territoriales et l’Éducation nationale est indispensable. Ensemble, elles réunissent la totalité des moyens et des expertises nécessaires à la mise en œuvre cohérente des projets. Les collectivités sont responsables de l’équipement et en assurent l’essentiel du financement, l’Éducation nationale maîtrise la dimension pédagogique et assure la formation des enseignants. Mais les ENT constituent une sorte de « domaine partagé », à la fois du côté de l’équipement et de celui de la vie scolaire et de la pédagogie. Les collectivités et les académies doivent donc réfléchir ensemble aux choix fonctionnels et techniques pour l’ENT ; aux stratégies de déploiement et à leur accompagnement en matière de communication, de formation, d’assistance et de maintenance ; aux politiques d’achat de droits, et donc aux besoins en ressources pédagogiques et documentaires ; aux critères et aux méthodes d’évaluation…

Autre type de partenariat, lui aussi relativement nouveau, celui entre des collectivités territoriales de différents niveaux. Les associations entre les Conseils généraux et Conseils régionaux paraissent particulièrement appropriées pour garantir une continuité et une cohérence des habitudes de travail développées sur les ENT tout au long du cursus secondaire.

Au niveau national, le ministère a pour fonction de définir le cadre général de déploiement des ENT, notamment au travers du SDET ; de soutenir certains projets locaux et d’en favoriser à la fois la généralisation et la reproduction dans d’autres territoires ; d’aider le marché des solutions techniques et des prestataires à se structurer pour offrir aux acteurs locaux des solutions industrielles fiables et concurrentielles ; et d’inciter les académies à prendre une part active aux projets des collectivités.

Qu’est-ce que le Schéma directeur des environnements de travail (SDET) ?

Piloté par la Direction de la technologie, le Schéma directeur des espaces numériques de travail est inscrit dans le Schéma stratégique des systèmes d’information et de télécommunication (S3IT) du ministère. Le SDET s’adresse aux établissements scolaires, rectorats, établissements d’enseignement supérieur, aux collectivités territoriales, aux éditeurs de solutions ENT, éditeurs de services en ligne et de contenus et prestataires de services.

Le SDET regroupe les grandes orientations de l’Education nationale pour ses espaces numériques de travail :

Document évolutif, le SDET est destiné à devenir un instrument de dialogue pour l’Education nationale et ses partenaires. Il fera l’objet d’une remise à jour annuelle.

Pourquoi cet ouvrage ?

Fruit d’un an de travail commun entre la Fing et la Caisse des Dépôts, l’ouvrage « Du cartable électronique aux espaces numériques de travail » propose une approche des ENT à la fois pédagogique et méthodologique, tournée vers l’action.

Son objectif est d’abord de resituer les ENT dans l’histoire « longue » de l’usage des technologies dans les organisations d’une part, des TIC dans l’éducation d’autre part, en France comme ailleurs. Il est ensuite de définir les ENT et de montrer en quoi ceux-ci s’inscrivent à la fois dans la continuité du « cartable électronique », et en évolution par-rapport aux premières expériences dans ce domaine.

Enfin, une fois les concepts établis, l’ouvrage vise à fournir aux acteurs nationaux et locaux, publics et privés, les éléments d’analyse, de comparaison et de méthodologie pour concevoir et bâtir, ensemble, leur propre projet ENT.

A qui s’adresse l’ouvrage ?

L’ouvrage s’adresse en priorité aux acteurs locaux chargés de concevoir et mettre en œuvre des projets d’ENT : élus et fonctionnaires territoriaux, responsables nationaux et académiques de l’Education nationale, chefs d’établissements, responsables de projets ENT.

Il s’adresse également à tous les prestataires et partenaires de ces projets : conseils, sociétés de services, éditeurs et distributeurs de logiciels et de ressources pédagogiques, associations d’enseignants ou de parents d’élèves…

Enfin, cet ouvrage intéressera tous ceux qui s’intéressent à l’état et l’avenir des usages des technologies de l’information dans la communauté éducative : enseignants, parents, chercheurs, journalistes, spécialistes des TIC, etc.

Comment l’ouvrage est-il organisé ?

L’ouvrage est organisé en six parties :

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